〉Arnaud Alessandrin
〉Docteur en sociologie
〉LACES, Université de Bordeaux
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〉Marielle Toulze
〉Maîtresse de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication
〉ELICO, Université de Saint Etienne
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〉Grégori Miege
〉Comédien
〉Centre Dramatique National de Lille
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Introduction. « Comme tu me vois » : une médiation
Au commencement était l’envie d’une rencontre : celle du théâtre et de la recherche. Celle de la transmission aussi, de savoirs académiques et d’expériences biographiques. « Comme tu me vois » (Toulze, Miege et Alessandrin, 2023) est l’aboutissement de cela, sous la forme d’un livre puis d’une pièce de théâtre jouée par Grégori Miege et écrite à six mains : celles des auteur.e.s de cet article. Disons-le d’emblée : rares sont les représentations des corps gros au théâtre et c’est fort de ce constat que l’envie d’écrire une pièce s’est fait sentir. Tout se passe comme si, au théâtre comme ailleurs, les figures de la grosseur demeuraient irreprésentables, si ce n’est du côté de l’humour (et souvent, nous le verrons, de la stigmatisation). Que signifie ce silence sur les planches ? Et pourquoi, depuis quelques années, assistons-nous à un timide essor de la visibilité grosse dans les arts du spectacle et notamment de la scène ?
Peut-être pourrions-nous d’abord rappeler que l’histoire du lien entre grosseur et théâtre ne débute pas si récemment que cela. Sans refaire l’histoire du théâtre, certaines comédiennes (aujourd’hui oubliées) ont su incarner la grosseur et évoquer la grossophobie. Car il ne s’agit pas simplement d’être un.e comédien.ne gros.se. Encore faut-il que ce sujet soit parlé, montré, discuté. C’est notamment ce qu’aura permis Anne Zamberlan, à qui nous devons également le premier usage public (en France) du terme de grossophobie, dans un essai intitulé « Coup de gueule contre la grossophobie » (1996). En 1994, la comédienne et mannequin grande taille crée une compagnie en son nom. Portée par le Théâtre de Châtillon (sous la direction de Serge Noyelle), elle développe une série de dispositifs scéniques (pièces de théâtre, activités artistiques) qui ont pour caractéristiques d’être pensées « par », « pour » et « avec » les personnes grosses. Cette compagnie (la Compagnie Anne-Zamberlan), qui fermera ses portes au décès de la comédienne, reste un précédent certes marquant mais néanmoins discret si l’on compare avec les quelques projets mis en scène depuis quelques années… c’est-à-dire depuis l’institutionnalisation progressive du terme de grossophobie.
Plusieurs éléments nous permettent de parler d’institutionnalisation : d’une part, la création d’association qui visent explicitement à la lutte contre la grossophobie, songeons à la « Ligue contre l’obésité » qui réalise en 2022 une enquête sur l’expérience grossophobe, ou bien au collectif « Gras Politique » qui se présente comme « une association de lutte contre la grossophobie systémique ». D’autre part, depuis 2016, le terme même de grossophobie a fait son entrée dans le dictionnaire et, du côté des universités, des thèses et des projets de recherches sont soutenus sur ce sujet. Toutefois, la mise sur agenda politique des questions d’obésité subsume encore trop souvent celles liées à la grossophobie (Alessandrin et Gatta-Cherifi, 2025), et les initiatives locales de lutte contre la grossophobie semblent tout à fait marginales.
Cette institutionnalisation progressive va-t-elle jusqu’aux institutions culturelles et, en l’occurrence, jusqu’aux théâtres ? La réponse se doit d’être, là encore, très nuancée. En effet, si nous entrevoyons une augmentation des productions qui centralisent cette question, force est de constater que les institutions théâtrales (les CDN par exemple) n’ont pas encore complètement porté ce sujet. En ce sens, en tant qu’il est produit par le théâtre du Nord, la pièce « Comme tu me vois » semble faire figure d’exception.
Mais, en quoi est-ce si important d’interroger la grossophobie à cet endroit du théâtre ? Comme le rappelle la notion de droits culturels (Meyer-Bish, 2018), « avoir accès », « pratiquer » et « participer à » un domaine de la culture contribue non seulement à l’égalité dans la participation citoyenne, dans l’accès aux services privés et publics culturels (donc à la non-discrimination), mais également à la visibilité de tou.te.s par tou.te.s. Pour Françoise Liot, les droits culturels « appellent à la reconnaissance de la diversité culturelle et au pluralisme à même de renouveler les manières de penser, de favoriser l’échange interculturel et de développer une société plus inclusive et plus démocratique » (Liot, 2018). Les acteurs et actrices autour de cette notions iront d’ailleurs un peu plus loin en parlant parfois de « devoirs » et non de « droits culturels », à l’instar du metteur en scène de « Comme tu me vois », David Bobée (Alessandrin et Dagorn, 2018).
Plus concrètement, que donnent à voir ces mises en scènes ? Quelles sont les expériences et quelles sont les spatialités investies par les comédien.ne.s et les auteur.e.s ? A travers quatre thématiques transversales (l’intime, la santé, les discriminations et le désir) nous souhaitons ici illustrer différentes manières d’aborder théâtralement les espaces des corps gros et de la grossophobie. Nous insisterons également sur d’autres aspects comme les relations sociales ou les représentations dans les médias, qui marquent tout autant les relations des personnes grosses, obèses ou vues comme telles.
1° Mettre en scène l’obésité et la contrainte médicale
Le concept de « déprise » nous apprend quelque chose de centrale (Meidani, 2025) : se défaire de pratiques et de représentations n’est pas chose aisée. Sur l’obésité et le poids comme sur d’autres questions de santé, l’omniprésence des institutions et de leurs temporalités médicales demeurent. L’espace du soin, s’il n’est jamais total, s’impose néanmoins comme une spatialité obligée dans laquelle s’inscrivent les récits. Ces espaces de santé produisent une forme de proximité institutionnelle contrainte, où le corps gros est maintenu dans une relation de coprésence prolongée avec des dispositifs médicaux, administratifs et normatifs, laissant peu de place à l’évitement ou à la distance. La mise en récit des parcours, dans les biographies particulièrement, semble épouser des étapes inévitables. Le parcours de soin y est décrit comme une succession de tentatives (interprétés comme des échecs), qu’il s’agisse de régimes, d’essais sportifs, de rendez-vous avec des dietéticien.ne.s etc. (Toulze, 2018). Très souvent, donc, il n’y a pas d’extérieur aux espaces de la santé : ils sont simultanément ceux qui préviennent et avertissent du risque (la santé scolaire), ceux qui légitiment l’obésité, qui la mesure, qui la diagnostique, ceux qui font bifurquer les parcours de vie en dehors de l’obésité ou du surpoids, ceux qui stigmatisent et incarnent l’échec et ceux qui ponctuent les trajectoires des individus avec des temporalités régulières (par exemple lors des suivis pré et post-opératoires).
Autrement dit, les espaces de santé sont aussi bien des géographies incluantes qu’excluantes, toujours envisagées comme centrales et nécessaires. De ce point de vue, l’expérience médicale peut alors être pensé comme une expérience de la dépossession (Versini, 2018) que ce soit de son corps, de ses temporalités, ou encore de son récit. Pour autant, ces spatialités de santé sont également des lieux de nouvelles formes de réappropriation de soi, lors des ateliers d’Éducation Thérapeutique du Patient par exemple (ETP) (Blanc, 2025).
Dans ce va et vient des errances diagnostiques, thérapeutiques et relationnelles, la mise en scène de l’obésité trouve au sein des espaces de la santé une ressource inépuisables d’expériences en miroir : qu’est-ce que l’institution dit ou fait de mon récit ? Comment cherche-t-elle à objectiver (voire réifier) l’expérience subjective de la grosseur ? Enfin, quelles stratégies, au sens de braconnage (De certeau, 1980) puis-je mettre en place face aux attentes institutionnelles ? Se décline ici des ressorts réflexifs, d’indignation et/ou d’introspection, propice à une dramaturgie de la grosseur.
La dimension pédagogique et thérapeutique de l’écriture et du jeu n’est pas en reste, puisque le théâtre est aussi un outil mobilisé dans les ETP afin que les patientes et les patients se réapproprient leurs parcours. C’est notamment le cas pour la pièce « Dame obésité » (sous-titrée « thérapie théâtrale ». A Limoges, Maxime Sodji est chirurgien en bariatrie, c’est à dire en opérations de l’obésité. En France 3 types d’opérations sont généralement initiées : 1- la mise en place d’un anneau gastrique qui contraint l’estomac, 2- la sleeve qui consiste à réduire l’estomac 3- et enfin le by-pass qui, à la fois, réduit l’estomac et le court-circuite vers l’intestin. Sodji a initié la création d’un atelier théâtre avec ses patient.e.s dans le but d’exprimer les craintes, les appréhensions et les représentations de ses dernièr.e.s par le biais de l’expression orale et corporelle. A partir des mots des patients et des patientes (30 participant.e.s au total), la pièce voit le jour, interprétée par des professionnel.le.s et devient même un livre (2018).
On soulignera à cet égard une différence notable : dans les récits issus d’ETP ou la patientèle est captive, les regards critiques sur ces espaces de la santé semblent plus marginaux. On retrouve cette absence de critique, de manière plus générale, dans les évaluations des ETP telles qu’elles sont pensées par les institutions de santé, à savoir des évaluations réalisées en interne, par les professionnelles eux-mêmes. Disons-le autrement : peut-on si simplement évaluer celles et ceux qui nous soignent ?
Comment nommer ces dispositifs ? Du théâtre social ? Du théâtre expérientiel ? Marie Christine Llorca nous propose l’expression de « théâtre du vécu » du nom de la compagnie créée en 2002 par le professeur Jean-Philippe Assal, médecin, et le metteur en scène Marcos Malavia, au sein du service d’éducation thérapeutique du patient de l’Hôpital universitaire de Genève. L’objectif, écrit-elle « était de permettre aux patients d’une part, et aux soignants d’autre part, d’exprimer et de partager leurs expériences de vie par l’écriture et la mise en scène ». Plus encore, ceci « consiste à installer les participants dans un processus : écrire un texte, le mettre en scène et devenir le spectateur de son vécu dans une représentation théâtrale jouée par des acteurs professionnels » (Llorca, 2023). On trouvera d’autres formulations dans la littérature, notamment celle de « dramathérapie », de thérapie par la dramaturgie (Pitarque, 2020). Mais peu importe le terme, la dynamique reste la même. Car au fond, quel rôle joue véritablement le théâtre au-delà de l’expérience du vécu qui, en soi, est déjà remarquable ? Le théâtre est non seulement un outil de création et de production de récit propre à ce qui se joue de soi au sein des espaces de santé. Mais, il est également un formidable outils de médiation qui permet de déplacer la parole du côté du sujet et de le rendre acteur et actrice dans son parcours de soin. Enfin l’expérience du théâtre permet de créer de nouveaux espaces de rencontres et collaborations entre patients et soignants, avec l’entourage et bien sur avec un public plus élargit. En somme, en déplaçant le récit intime du côté de la mise en récit sensible, il permet une expérience située du corps et de ses enjeux de santé ainsi qu’un partage de ces derniers.
| Encadré : LE VINGT-SIX NOVEMBRE DEUX MILLE DIX-HUIT Après avoir attendu une heure dans la voiture en fumant cigarette sur cigarette, je suis monté au cinquième étage, département obésité sévère de l’hôpital Huriez. Personne n’était arrivé, pas même les secrétaires médicales, juste les femmes de ménage. Je décide de m’asseoir sur un fauteuil prévu pour moi, et ça, je le sais car il est démesurément grand… À ma mesure. Puis un homme est arrivé et s’est assis à côté de moi, environ 60 ans, sans véritable embonpoint, enfin rien d’anormal pour un homme de son âge. Il me regarde d’un œil bienveillant, je lui souris. Il m’engage et me dit qu’il a fait un mini by-pass il y a quatre ans, qu’il a perdu 70 kg. Il me dit que je serai heureux quand j’aurai perdu 70 kg. J’ai déjà perdu 70 kg et cela ne m’avait pas rendu plus heureux… Je ne lui dis pas, il a l’air content de me transmettre son vécu. Je ne vois pas l’intérêt de souiller sa satisfaction qui me semble bien légitime. Puis une autre personne est arrivée, très essoufflée, transpirante, un ventre très tendu, mais pas un grand obèse, plutôt ce que j’appelle un faux gros, c’est-à-dire qu’il a dû avoir une silhouette tout à fait normale étant jeune, puis l’âge et le plaisir aidant, la peau du ventre s’est tendue puis détendue pour mieux se tendre encore… Il doit se faire opérer, me dit-il, il attend une transplantation cardiaque et il doit perdre 40 kg pour cela. D’autres arrivent, tout le monde se met à parler, à raconter, à se dévoiler… J’ai envie de partir… Quelle indécence de raconter tout cela à des inconnus… Alors je me replie légèrement sur moi, je laisse à distance ce brouhaha impudique de telle sorte qu’il me soit inintelligible et j’entends la fanfare… (Fanfare fredonnée) C’est alors qu’elle entre, avec son paquet de photocopies, comme une maîtresse d’école. Il faut remplir un questionnaire de trop de pages, mettre des croix dans des cases. Moi je trouve qu’il n’y a jamais la case que je souhaiterais cocher… Ou plutôt que je pourrais toutes les cocher. Alors je décide de cocher toutes les cases du questionnaire. Cela va évidemment m’être reproché par la suite, mais il faut que ces soignants comprennent que la nourriture est ma réponse émotionnelle à toute situation. Je ne peux ni la caser, ni la canaliser, elle est en tout et partout à chaque instant. C’est un outil, c’est mon outil… Ma maîtresse, ma joie, mon plaisir, mon anxiolytique, ma drogue la plus dure. 8 h 20. Bon, allons remplir des cases… Il est l’heure de chiffrer ce corps, taille, tension, poids, etc., etc. (Fanfare fredonnée) |
L’espace médical ne se limite pas aux murs de l’hôpital : il déborde dans d’autres sphères de la vie sociale, brouillant les frontières entre soin, prévention, contrôle et jugement moral. Ainsi, les espaces de la grossophobie ne sont pas uniquement des lieux identifiables ; ils forment une spatialité diffuse, faite de regards, d’anticipations, d’évitements et de micro-ajustements corporels. Dans ces contextes, la proximité physique ne produit pas du lien mais de la contrainte : elle devient une proximité hostile, où le corps gros est simultanément trop visible et illégitime. Des proximités et des ruptures se dessinent alors, et la scène s’en fait la témoin ou l’écho.
2° Mettre en scène la grossophobie
Mettre en scène l’obésité c’est également mettre en scène la grossophobie. A bien observer les différences pièces qui abordent la grosseur ou l’obésité (on distingue ici le poids de la maladie), force est de constater qu’il n’y a pas d’espaces faisant l’économie de la discrimination, de la stigmatisation et plus généralement du jugement à l’égard des personnes grosses. Les études sur la grossophobie décrivent bien le gros corps comme un corps perçu sans volonté, indolent. La psychologisation et l’individualisation causale de l’obésité se loge dans les plis de ces représentations et donnent lieu à des discriminations diverses, qui forment un continuum entre les prémisses de la stigmatisation (la grossophobie comme une menace à l’école ou en famille) jusqu’aux expériences quotidiennes de grossophobie, dans le travail, dans l’espace public ou au sein des couples (Carof, 2021).
Les espaces des discriminations ne sont donc pas uniquement des espaces de faits, concrets et mesurables : ils sont aussi des espaces de la menace, de la sanction informelle, du regard furtif. En ce sens, adosser au concept de « discrimination », celui de « sentiment de discrimination » (Carayon et Mattiussi, 2021) permet d’entrer en résonance avec les expériences subjectives des individus. Dire cela ce n’est pas tomber dans le relativisme des discriminations ou bien encore en concurrence avec les définitions juridiques de ces dernières. A l’inverse, cela permet de rendre compte des mises à l’écart ressentis, dans tous les instants du quotidien, y compris ceux qui ne sont pas définis comme des espaces de la discrimination par le droit (pensons à l’espace public). Du point du vue de la mise en scène et de la dramaturgie, cette autonomisation relative des définitions strictes du droit pénal ouvre grand la voie aux restitutions sensibles.
C’est notamment ce que propose la compagnie « Lulu Perlimpinpin » dans sa pièce « Gros patapouf » qui met en scène deux marionnettes dont la caractéristique première est le poids. L’originalité de la pièce (participative et à visée éducative) est l’ouverture au dialogue avec son public, puisque chaque représentation permet à ce dernier de créer la fin de la pièce. La compagnie présente ainsi son spectacle : « Gros Patapouf ! c’est l’histoire d’un enfant en surpoids, victime de sarcasmes de la part des autres enfants au sein de son école. Réussira-t-il à se défendre et/ou se protéger ? Osera-t-il en parler à son entourage ? Victime de harcèlement, Victor, surnommé, Gros Patapouf, essaie toutefois de comprendre les origines de ce comportement envers lui. Il rêve de ne plus être le souffre-douleur du caïd de l’école… ». La problématique du harcèlement est au cœur du système éducatif depuis la mise en œuvre du programme « Non Au Harcèlement » par l’Éducation nationale en 2021. La compagnie Lulu Perlimpinpin utilise le médium de la marionnette pour évoquer la grossophobie et alerter sur les dangers du harcèlement et simultanément -puisque, comme nous l’avons vu, le domaine médical n’est jamais loin- sensibiliser sur les pratiques alimentaires.
L’injure, c’est également l’objet du spectacle de Sylvie Debras. Intitulé « Grosse ! », le projet assume l’insulte comme nom. Ce n’est pas la première fois que la mise en visibilité de la grossophobie passe par la réappropriation de l’injure. En 2018 déjà, Eva Perez-Bello et Daria Marx publient « Gros » n’est pas un gros mot : Chroniques d’une discrimination ordinaire » (2018) dans une double volonté : d’une part initier « les non concernés [à] déconstruire les idées reçues liées à l’obésité pour que l’espace public et le lien social ne soient plus un calvaire pour les personnes en situation d’obésité ». D’autre part, faire prendre conscience aux personnes grosses « qu’elles sont victimes de discriminations et […] qu’elles ont le droit de revendiquer une égalité des chances et une paix de l’esprit » (Toulze, 2019).
Dans son spectacle « Grosse ! » Sylvie Debras tente de « changer le regard sur l’obésité ». Là encore, la dimension médicale n’est pas loin, elle est même une porte d’entrée privilégiée puisque la pièce est notamment jouée en partenariat avec le centre spécialisé obésité (CSO) de Franche-Comté et l’Unité transversale pour l’éducation du patient (UTEP) du CHU de Besançon. A destination du grand public, mais également des acteurs et des actrices de la santé bariatrique, Sylvie Debras s’emploie à « impliquer un regard bienveillant et compréhensif pour une relation de soin de qualité ». Un ouvrage sera créé à partir de ce spectacle (2022). L’auteure, également docteure en sciences de l’information et de la communication, et autrice de plusieurs essais notamment sur la place et l’image des femmes dans les médias, résume ainsi son intention : « Dans la cuisine familiale, la mère de Léa affiche un tableau des aliments permis, déconseillés ou interdits ; elle met au régime sa fille, une préadolescente sportive et charpentée, pour prévenir un éventuel surpoids. Grosse ! raconte la vie de Léa, de A comme Aliments à Z comme Zéro, en passant par D comme Deuil, J comme Joviale, O comme Obsession ou Y comme Yoyo. Dans ce roman autofictionnel, il est question des régimes qui, on le sait depuis les années 1960, sont contreproductifs pour la santé, favorisant l’effet Yoyo, perte puis reprise de poids et le sentiment d’échec personnel. En somme, les régimes fabriquent des gros.ses dès le plus jeune âge, avec des risques de troubles alimentaires au fil des reprises successives de poids. Les régimes participent ainsi de la grossophobie, et c’est près de 10 millions de personnes qui sont marquées par la honte d’avoir grossi et la peur de grossir davantage. »
Dans « Grosse ! » Sylvie Debras fait également parler le sexisme, inextricablement lié aux expériences grossophobes, et que la littérature scientifique a su qualifier et quantifier.
| Encadré : NAISSANCE Ce jour-là j’étais heureux que ce soit la rentrée des classes. Pour la première fois, la boule d’angoisse qui se lovait dans ma poitrine avait cédé la place à une excitation d’impatience. Mon corps me réservait normalement à chaque nouveauté, une anticipation nauséeuse… C’est apparemment un héritage paternel et je dois bien avouer qu’il ne m’a toujours pas quitté malgré l’âge, la connaissance croissante, malgré tout effort de rationalité. Mais ce jour-là, l’excitation était plus forte. Ce jour, ce grand jour, je le voyais, le ressentais en quelque sorte comme une naissance, ma véritable entrée dans l’adolescence. Ce jour-là j’étais fier, fier de moi, pour la première fois j’avais accompli du haut de mes 11 ans bientôt révolus, quelque chose qui ne supportait aucune discussion : j’avais maigri. Ça n’avait pas été facile de passer deux mois d’été au régime, surtout à cet âge-là. C’est vrai, l’été on a envie de s’adonner au plaisir. Pour moi comme pour tout enfant, cela voulait dire que je souhaitais profiter du temps, en relisant toute ma collection de bandes dessinées, en me baignant des heures durant, en jouant avec les copains restés comme moi à l’appartement où en s’en faisant des nouveaux là où l’on partait avec mes parents ou avec ma tante, oncle et cousins lorsque mes parents n’avaient pas de vacances estivales. Il y avait aussi les repas et extras qui accompagnaient ces vacances, ces découvertes de produits régionaux que l’on ne connaissait pas et qui agrandissaient joyeusement la palette des plaisirs. Et puis il y avait ces premiers émois, ce cœur estival qui bat la chamade. Mais ça l’amour, la rencontre d’un autre corps, ce partage intime de l’être pensant et vivant, cela, je pensais que ça m’était interdit. On m’avait tellement rabâché, moqué ma différence… Alors moi qui ne pouvais espérer être aimé, je choisissais la plus belle, la plus inaccessible, la plus intouchable et je rêvais, j’imaginais, je fantasmais… En fait je faisais tout ce que je pouvais pour que cet amour existe. Mais cet été-là avait été contraint. J’avais fait un régime et je m’y étais tenu. Avec le recul, ça n’avait pas été si compliqué. J’avais vécu ça un peu comme un jeu et puis ma famille est très aimante, donc ce jeu avait été pratiqué à plusieurs dans l’accompagnement et la confiance. En sachant relâcher, oublier ce régime de temps à autre quand la situation s’y prêtait… J’avais perdu 7 kg cet été-là et j’étais arrivé à un poids de 74 kg pour 1m80. Ah… Si seulement j’avais été chiffré de cette façon à 17 ans. Mais à 11 ans je n’étais pas formé, j’étais encore en pleine croissance, pas très musclé, j’étais tellement hors norme par rapport à tous les autres… Mais cette année, cette rentrée des classes en cinquième, je vais les moucher… tous… J’ai perdu 7 kg, et voilà, c’est ma rentrée. Cette année je deviens un adolescent comme un autre. Cette année Aurélie va me voir, me regarder et puis si ce n’est pas elle, ce n’est pas grave, il y a Mélanie, Delphine ou Anne-Lise, oui Anne-Lise… Elle est si belle Anne-Lise, elle a déjà une poitrine assez prononcée, de beaux yeux verts et surtout un regard magnifique. Ce matin-là c’est mon père qui m’a emmené. Il m’a souhaité une belle année, de bien travailler, d’être le meilleur quand je le pouvais… Il aimait bien cette idée d’être le meilleur mon père… Je lui ai toujours répondu que d’être bon me suffisait. Il m’a encore félicité pour ces 7 kg perdus et m’a dit que j’étais le plus beau. Je suis sorti de la voiture, j’ai mis mon sac sur le dos et après avoir fait quelques mètres, m’apprêtant à emprunter le petit escalier qui mène à la cour, je sens une tape dans le dos et ayant à peine le temps de tourner la tête, il passe à côté de moi, sans même s’arrêter et me dit : « Eh bien, je vois que tu as bien profité de l’été gros lard ! » |
Ces récits de l’intime peuvent être compris comme des contre-espaces, des lieux symboliques de retrait où les normes dominantes cessent temporairement de s’imposer. La scène instaure ainsi une proximité émotionnelle singulière entre le public et l’expérience du corps gros, fondée non sur l’exhibition mais sur le partage sensible de l’expérience du corps gros.
3° Mettre récit l’intime
L’étude de l’espace du soin comme celui des discriminations ne traduisent pas toujours les émotions. Ils sont révélateurs de données statistiques, de catégories nosographiques, de dépossessions ou encore de mises à l’écart. Mais l’étendue des subjectivités ne s’y loge jamais totalement. Or, quoi de plus intime que les sensations corporelles ? C’est cet élément fondamental des parcours et des expériences de grosseur qu’utilise le chorégraphe Sofiane Chalal qui fait de son corps son lieu d’expression ; corps qu’il définit alors comme « ennemi et allié à la fois ». Dans « Ma part d’ombre » (2023) il ambitionne une « confession intime, publique, d’une belle et grande évidence ». Comédien, chorégraphe et vice-champion du monde de hip-hop, Sofiane Chalal propose « un dialogue fictif entre le corps virtuose (la part d’ombre) et celui du quotidien comme un appel à la tolérance et à l’acceptation ». Le corps n’est pas seul sur scène, il est accompagné de vidéo, mais il demeure central, mis en lumière, dans une chorégraphie tendre et parfois violente qui ne laisse aucun doute sur les instants de dureté traversés par le comédien, ni même sur ces désirs de douceur.
Le paradoxe éclate au grand jour : alors que le corps gros est invisibilisé dans les médias (Dirringer, 2025), les campagnes de prévention (Toulze, 2018), sur les réseaux sociaux (D’haussy, 2022 ; Pigenet, 2024), comme dans l’espace public (Dagorn et Alessandrin, 2023), il devient soudain central,, unique, incontournable dans ces nouveaux espaces de mise en lumière.
Quant aux discriminations et à leurs mises en scènes, elles aussi peuvent toucher au sensible lorsque le propos n’est pas que dénonciation ou pédagogie, mais bel et bien introspection et dévoilement. C’est le cas du spectacle « Grosse grosse grosse » dont le texte et la mise en scène sont assurés par Guillaume Druez, le tout joué par la comédienne Stéphanie Bissot. La pièce se présente comme « un spectacle intime sur cette obsession du corps qui nous bouffe ». Dans la note d’intention adjacente à la pièce, on peut lire : « Dans un flot étourdissant de mots et de fantaisie féroce, Blanche, 46 ans, nous emmène dans son quotidien et son obsédante course à la minceur. Elle dégomme les clichés de la sympathique grosse et nous révèle sa maladie : la boulimie. Nous gobons ses mots comme elle gobe la nourriture en temps de crise. Direct, intime, acerbe, ce monologue vertigineux nous tend un miroir libérateur sur la grossophobie et nos quêtes inhumaines de la perfection ».
L’intime semble pourtant bien plus souvent mis en mots dans des autobiographies qu’au théâtre. Pourquoi cela ? Par pudeur ? Parce que l’endroit du théâtre ne se superpose pas complètement à la littérature et au style autobiographique ? Dans le seul en scène « Comme tu me vois » Grégori Miège n’a parfois plus besoin de la parole pour dire l’intime. Il y a cette séquence, où l’on entend la chanson « Big Bisou » du chanteur Carlos, connu dans les années 80 pour ces chansons « paillardes » et son corps gros. Le comédien, lui ne danse pas. Il ne rit pas. Il essaie de rester digne, seul, ostracisé pendant qu’une fête se déroule, sans lui. C’est un moment puissant de la pièce où l’on partage avec l’artiste ce sentiment d’exclusion sans avoir même besoin de prononcer des mots. En postface du livre, un entretien avec le comédien éclaire cette importance d’un apport sensible pour aborder l’obésité :
Grégori, vous vous retrouvez seul sur scène alors que passe en fond sonore Big bisou de Carlos… Que représente pour vous cet instant dans la pièce ?
Grégori : J’ai depuis petit cette image obsédante de Sissy Spacek dans Carrie recouverte de sang de porc au bal et raillée et humiliée par tous Ce Big bisou, c’est cette solitude qu’adolescent j’ai pu ressentir à des boums par exemple où l’on se dit que ce n’est pas pour soi, que je ne danserai pas de slow avec une fille dans le fol espoir de l’embrasser.
C’est en fait tous ces moments où les gros·se·s sont laissé·e·s sur le bord du chemin, en suspens, parce que rien n’est prévu pour eux à cet endroit. Et c’est encore une chose qui m’arrive régulièrement. En fait, les gros·se·s vivent de grands moments de solitude dans l’ignorance et l’indifférence totale, par la méconnaissance des autres.
Si « l’intime est le lieu où se noue et se joue le dialogue du corps et de l’esprit » pour le dire comme Cécile Sales, le théâtre devient ce lieu ou l’invisible devient visible (2012). C’est en ce sens que Yvon le Scanff distingue « la fresque sociale (en tant que témoignage) et le théâtre lyrique de l’intime « qui privilégie l’invisible sur le visible » (2009).
| Encadré : LE REFUGE J’ai lissé toutes les colorations du récit, J’ai comblé toutes les aspérités, J’ai envahi chaque cavité, J’ai réuni toutes mes blessures, Je me suis aligné à leurs propos, J’ai accepté leur vision de la beauté, J’ai admis être une erreur, J’ai reconnu être une impossibilité, Je me suis laissé convaincre que je devais être soigné, Mais je ne suis pas malade, je suis injuste. Injuste avec moi-même. Me laissant aspiré par des émotions trop grandes. Me laissant guider par des pulsions de plaisir. Me laissant entraîner sur un territoire où je suis la règle, la loi, la normalité… À force de me juger, À force de juger… Moi J’ai fini par creuser ma grotte. J’ai construit ce lieu secret, Un monde enchanté de ma solitude, Un territoire de plaisirs non partagés, Je m’y retrouve, heureux, sans diktat. C’est là que Moi peut respirer, loin de toute sociabilité, loin de toute police, Je deviens ma propre drogue et mon corps enfin devient léger… Hey… Je ne suis pas idiot. Je sais que cette grotte ne peut répondre à toutes mes aspirations, J’ai bien conscience que je vous aime trop pour me séparer. Mais… Entendez que ce refuge m’est parfois salutaire, salvateur quand j’ai mal d’être moi |
4° Le désir… au-delà du rire ?
Il serait lacunaire de réduire notre observation des théâtres des grosseurs à la question du corps et des discriminations. Un autre registre, bien connu des catégories discriminées, apparait : c’est celle du rire ou de l’humour salvateur en contre-pied de la gravité du sujet. Sur ce point tout particulièrement, nous touchons à un double phénomène : le rire comme arme politique critique et le rire comme outil de stigmatisation. Si le rire est un renversement du stigmate lorsqu’il est utilisé par les personnes victimes de propos haineux, il peut être aussi un durcissement des violences lorsqu’il provient d’une identité exogène au groupe décrit. Le rire fonctionne ici comme un dispositif de mise à distance : il peut protéger, soulager ou politiser, mais aussi renforcer l’altérité lorsqu’il émane d’un point de vue dominant
L’interrogation « d’où tu parles » -question épistémologique qui est au centre des savoirs situés (Ayouch, 2024) pourrait alors ici devenir « d’où tu ris ? ». Dans les pas de Nelly Quemener, nous rappelons que « le pouvoir de l’humour » (2014) est celui d’un révélateur social, et qu’en ce sens les réceptions de ceux et celles auxquels ils s’adressent s’encastrent également dans les identités qui sont mobilisés par les registres de l’humour. Si l’humour sexiste, LGBTphobe ou raciste a de nombreuses fois été discuté, dans les débats universitaires comme dans les interprétations juridiques de la « liberté d’expression » ou de « création », l’humour « sur » ou « des » personnes grosses a peu été investigué (Carof, 2019). Plus généralement, des sociologues comme Julien Talpin nous rappelle que le rire permet de « composer » (Talpin, 2021) avec l’épreuve des discriminations, ou bien, pour le dire comme François Dubet dans « Pourquoi pas ? » retenons que l’humour et le rire sont des « tactiques aussi décisives que périlleuses ». (Dubet, 2013) En ce sens elles mobilisent une résistance psychique forte et s’inscrit continuellement dans une forme de « lutte ».
Plusieurs pièces se sont engagées dans cette voie. Dans “Grossus 168.800 Kg », Sylvain Stawski, auteur et metteur en scène, propose d’utiliser les ressorts de l’humour (mais pas seulement) pour lutter contre les imaginaires et les pratiques stigmatisantes à l’égard des personnes grosses. La pièce se présente ainsi : « La faim dans le monde n’est bientôt plus l’urgence numéro un. C’est l’obésité qui est le problème du futur. Notre fausse équipe d’experts scientifiques plonge dans l’histoire de nos rondeurs, des régimes alimentaires, des solutions absurdes et miraculeuses. Comprendre notre corps et ses dysfonctionnements, abolir quelques préjugés grossophobes, accepter l’autre dans sa différence : tout un programme ! Entre rire, méchanceté, absurdité et réalité, nos experts utilisent les outils du théâtre, de la vidéo et de la musique pour faire tourner ce petit carrousel de nos cellulites rebondissantes ! »
Militer par l’humour, c’est également ce que propose (via le registre de la dérision et de la critique acerbe) le spectacle « F*ck ta grossophobie ». « Tout devient moins malaisant une fois qu’on en a ri. C’est comme si on nommait l’éléphant dans la pièce » suggère l’autrice et humoriste Marie-Hélène Racine-Lacroix. Si l’objet de cet article n’est pas de travailler le stand-up et les spectacles de comique, il est évident que la scène est également traversée – aujourd’hui plus qu’hier – par des prises de paroles de comiques gros.ses qui n’hésitent pas à poser un regard critique sur la grossophobie. De ce point de vue, les scènes de stand-up instaurent une proximité immédiate avec le public, souvent plus directe que celle du théâtre institutionnel, ce qui explique en partie leur capacité à investir plus rapidement ces thématiques.
Conclusion
À travers ces productions, le théâtre apparaît comme un opérateur de reconfiguration des distances : là où les espaces ordinaires imposent une proximité contrainte et stigmatisante, la scène permet une proximité choisie, médiatisée et potentiellement émancipatrice. Penser la grossophobie à partir des spatialités revient ainsi à interroger non seulement ce qui est représenté, mais les conditions mêmes de la coprésence, de la visibilité et de la reconnaissance.
Il découle de ces pièces un constat sans appel : on assiste certes à une multiplication des mises en scène de l’obésité et de la grossophobie mais le théâtre reste timide à cet égard, bien plus que le stand-up ou le cinéma. Plus encore, la reconnaissance de ces pièces demeure elle aussi fragile. Si certaines pièces comptent un grand nombre de représentations (comme celle de Sylvie Debras), on soulignera de nouveau la faible présence de ces productions dans des scènes nationales ou subventionnées. Mais plus encore, à côté des planches, le théâtre reste un lieu ou le poids (de la même manière que le handicap d’ailleurs) est peu pensé. Accessibilité des lieux, présence de sièges adaptés, files d’attentes…. Si les droits culturels nous invitent à penser les productions (ce qui est rendu visible), ils nous invitent pareillement à penser le droit aux espaces et à son accessibilité pour toutes et tous.
| Encadré : JE VOUDRAIS Je voudrais apparaître d’une foule où tu ne m’aurais pas vu, me dévoilant par ma main qui se pose, Je voudrais marcher avec toi dans la rue comme deux âmes errantes que personne ne voit, Je voudrais me déshabiller sur la plage sans qu’aucun regard ne puisse t’irriter, Je voudrais pouvoir m’asseoir dans le bus sans déclencher des soupirs énervés, Je voudrais tout simplement marcher à tes côtés sans que tu m’entendes respirer, sans transpirer, Je voudrais rentrer dans une pièce sans calcul pour m’asseoir, sans calcul pour me relever, Je voudrais fendre l’espace sans subir vos entraves, Je voudrais te faire l’amour, dans tes bras enlacés, sans acrobatie, avec tendresse et légèreté, Je voudrais prendre l’avion sans régresser, sans ceinture pour bébé, Je voudrais pouvoir manger à la vue de tous sans que ce soit un sujet, Je voudrais déplier la tablette devant moi sans qu’elle se pose sur mon ventre, Je voudrais pouvoir randonner sans que la descente soit un calvaire, Je voudrais monter à cheval et galoper, galoper, galoper… Je voudrais à vos regards dérobés me soustraire à tout jamais, Je voudrais qu’il n’y ait plus de non-dits, en fait je voudrais qu’il n’y ait rien à dire, Je voudrais être sans batailler… Je voudrais, je voudrais… |
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